Méthodologie
Cette page documente, convention par convention, comment Nicolas répond à la question « où va l’argent de mes impôts ». Chaque chiffre est rattaché à une année budgétaire et à une version de jeu de données traçable ; chaque choix de méthode est énoncé avec sa source officielle, ses alternatives défendables et ses implications. Rien n’est inventé : ce qui n’est pas encore calculé est signalé comme évolution future, jamais présenté comme pratique courante. Les chiffres sont provisoires tant que les publications définitives de l’INSEE pour l’exercice de référence ne sont pas parues ; les corrections sont consignées sur la page errata.
1. Le point de départ : le salaire brut et le coût employeur
Le calcul part du salaire annuel brut figurant au contrat d’un salarié. À ce brut s’ajoutent les charges patronales(cotisations employeur) : elles sont un coût réel supporté par l’employeur pour financer la protection sociale, et non une taxe cachée. Brut, cotisations salariales, CSG-CRDS et impôts forment ensemble ce que la collectivité perçoit autour d’un emploi.
Les cotisations patronales retenues ici sont celles que l’employeur verse réellement, c’est-à-dire après les allègements généraux : la réduction générale (l’ancienne « réduction Fillon »), dégressive du Smic jusqu’à 1,6 Smic où elle s’éteint, et les taux réduits de cotisation maladie et d’allocations familiales. Pour un salaire proche du salaire médian, ces allègements représentent plusieurs milliers d’euros par an : les ignorer reviendrait à appliquer à tout le monde le taux d’un haut salaire.
Alternative défendable : retenir les cotisations avant allègements — ce serait compter deux fois, puisque les allègements généraux sont eux-mêmes une dépense publique, déjà présente dans la rubrique « Affaires économiques » de la destination. Implication : le taux de cotisations patronales n’est pas un taux unique ; il monte fortement entre le Smic et 1,6 Smic, puis se stabilise.
2. Cotisations, CSG-CRDS et impôt sur le revenu
Les cotisations patronales et salariales et l’impôt sur le revenu du profil de référence sont calculés hors-ligne avec OpenFisca-France (moteur officiel de micro-simulation socio-fiscale), version épinglée, jamais appelé en direct par le site. CSG et CRDS sont regroupées sur une seule ligne (les deux sont des prélèvements obligatoires pour un salarié) ; le détail reste accessible via les sources. Les cotisations salariales incluent la cotisation retraite obligatoire du salarié.
Alternative défendable : scinder CSG et CRDS, ou isoler la cotisation retraite — alourdit la lecture sans approfondir la compréhension. Implication : les autres statuts (indépendant, retraité, sans activité) ont des profils de cotisations et d’impôts distincts ; leur prise en charge fine est une évolution future (Epic 3), pas encore implémentée (voir §7).
3. Charges patronales : une courbe, pas un taux
Le calcul des charges patronaless’appuie sur une table pré-calculée hors-ligne avec OpenFisca-France. Cette table n’est pas une droite : le taux effectif part de quelques points au niveau du Smic, monte jusqu’à environ un tiers du brut à 1,6 Smic à mesure que la réduction générale s’efface, puis franchit deux marches lorsque les taux réduits de maladie et d’allocations familiales cessent de s’appliquer. La table est donc resserrée là où la pente est forte, et comporte un point de chaque côté de chaque marche ; entre deux points, le moteur interpole linéairement.
Alternative défendable : un point par décile et le décile le plus proche — c’est ce que faisait le site jusqu’au 15 septembre 2026, au prix de plusieurs centaines d’euros d’écart et de deux salaires voisins affichant le même montant. Implication : au-delà du dernier point de la table, le moteur applique le tauxde ce dernier point plutôt qu’un montant figé — au-dessus de 3,5 Smic le taux est stable, la lecture reste juste.
4. TVA et TICPE : une estimation, pas une mesure
La TVA et la TICPE(taxe sur les carburants) ne sont pas connaissables à partir du seul revenu : elles dépendent de la consommation réelle. Elles sont estimées une fois à partir de la structure de consommation des ménages de l’enquête INSEE « Budget de Famille », appliquée au revenu disponible médian national. Le moteur consomme cette valeur pré-calculée telle quelle, sans recalcul. Une fois estimées, la TVA et la TICPE suivent le même circuit que les autres prélèvements (voir §6) : en 2024, la TVA est perçue à 47 % par l’État, à 25 % par les collectivités et à 28 % par la Sécurité sociale (fractions affectées, dont la compensation d’exonérations de cotisations) ; la TICPE à 60 % par l’État et l’AFIT France, à 40 % par les régions et les départements.
Alternative défendable : demander la consommation à l’utilisateur (rompt l’absence de friction), ou estimer par décile (données de consommation non publiées à ce grain). Implication : TVA et TICPE sont toujours l’estimation nationale type ; un recalcul à partir d’une consommation saisie est une évolution future (Epic 3), explicitement non implémentée aujourd’hui.
5. La destination : la nomenclature COFOG
La destination des dépenses suit la COFOG(Classification of the Functions of Government — la nomenclature internationale des fonctions publiques : santé, défense, protection sociale, enseignement…). Le niveau 1 (10 grandes fonctions) provient de la table INSEE « Comptes de la Nation, Table 3.301 — dépenses des administrations publiques (S13) par fonction », colonne de l’exercice de référence, gelée au moment de la construction du jeu de données (snapshot versionné) ; la part de chaque fonction dans le total affiché est, elle, déterminée par le circuit de financement (§6). Le niveau 2 (groupes) est obtenu en appliquant les parts intra-division publiées par l’INSEE au montant de niveau 1 calculé. Un groupe dont le montant alloué arrondit à 0 € pour le profil par défaut n’a pas de page : il est retiré et sa part, infime, est répartie entre les autres groupes de sa fonction, pour que les groupes affichés fassent toujours exactement le total de leur fonction.
Alternative défendable : utiliser des montants absolus de niveau 2 (non publiés tels quels par l’INSEE), ou imputer les groupes manquants par tendance historique (couche de modèle interdite ici). Implication : la granularité niveau 2 est une imputation sourcée, pas un modèle ; un détail plus fin (programmes LOLF, branches de la Sécu, fonctions des collectivités) exige un appariement non publié au 1:1 et relève d’une story de données ultérieure, documentée et arbitrée.
6. Répartition : le circuit de financement
Chaque prélèvement est suivi jusqu’à l’administration qui le perçoit, puis réparti selon ce qu’elle dépense. Étape 1 : chaque ligne est partagée entre l’État (avec ses opérateurs), les collectivités et la Sécurité socialeselon son affectation. Les cotisations salariales et la CSG-CRDS vont à la Sécurité sociale, l’impôt sur le revenu à l’État, la taxe foncière aux collectivités (3 % de frais de gestion à l’État) ; la TVA, la TICPE et les amendes sont partagées selon leurs recettes 2024 par administration ; les cotisations patronales vont à la Sécurité sociale, sauf la part versée à France compétences, au FNAL et à l’AGS (environ 5 % au salaire médian, calculée avec OpenFisca) ; les impôts sur le capital suivent la composition du prélèvement forfaitaire unique (20,3 points sur 30 pour l’État, 9,7 pour la Sécurité sociale). Étape 2 : la part de chaque administration est répartie selon la structure COFOG de sa propre dépense, telle que publiée par Eurostat pour 2024 (tables gov_10a_exp et gov_10a_main, par sous-secteur). Les références de chaque part sont listées dans les sources ci-dessous.
Conséquence : deux personnes qui paient le même montant mais pas les mêmes prélèvements n’ont pas la même répartition. Un salarié, qui paie surtout des cotisations, finance d’abord la protection sociale et la santé ; un euro d’impôt sur le revenu finance davantage l’enseignement, la défense ou les services généraux de l’État. L’arrondi est déterministe et identique dans la chaîne de données et dans le navigateur (au pair le plus proche) : le reliquat d’arrondi est ajouté au plus gros poste pour que la somme des postes soit exactement égale au total affiché.
Conventions et limites. Les dépenses de chaque administration sont prises non consolidées : un transfert vers une autre administration y figure dans la fonction qu’il finance. Seules des parts en sont tirées, jamais des sommes, donc rien n’est compté deux fois. Les transferts de caractère général de l’État vers les autres administrations (45,7 Md€ en 2024, essentiellement la dotation globale de fonctionnement) sont répartis selon la dépense des collectivités, leur principal destinataire, plutôt que laissés dans les services généraux de l’État. Chaque administration dépense plus qu’elle ne perçoit : c’est l’euro effectivement prélevé qui est réparti selon la structurede la dépense, le déficit ne change pas les parts. La charge de la dette figure dans les services publics généraux de chaque administration. L’argent reste en partie fongible entre administrations : le circuit suit le droit et la comptabilité nationale, c’est une convention, pas un traçage. Le niveau 2 garde la structure consolidée de l’ensemble des administrations (une ventilation par administration au niveau 2 n’est pas encore intégrée). Les forfaits post-stationnement, perçus directement par les collectivités, ne sont pas comptés dans la part des amendes.
Alternative défendable : répartir le total selon la dépense publique consolidée, toutes administrations confondues — c’est ce que faisait le site jusqu’au 5 octobre 2026. Plus simple, mais chaque profil obtenait alors les mêmes pourcentages par destination, et la part sociale d’un salarié était sous-estimée.
7. Périmètre du socle : salarié médian
Le salaire de référence est le salaire médian des salariés du secteur privé, en équivalent temps plein, publié par l’INSEE pour 2024. L’INSEE publie cette distribution en net— seules les moyennes existent en brut. Le site raisonnant en salaire brut, chaque valeur nette publiée est convertie en brut avec le moteur OpenFisca qui sert déjà à chiffrer le profil, et non par une règle de trois sur le rapport brut/net moyen. La conversion est légitime parce que le passage du brut au net est strictement croissant : le salarié au net médian est le salarié au brut médian.
Champ retenu : le champ principal publié par l’INSEE, y compris alternants et stagiaires (médiane nette de 2 190 € par mois). L’INSEE publie aussi une variante hors apprentis, stagiaires et hors Mayotte (2 247 €) : le champ principal est retenu parce que c’est celui de la publication de référence. Approximation assumée : la conversion suppose un même type de salarié sur toute la distribution (non-cadre, secteur privé).
Le profil de référence est un salarié médian, célibataire, locataire. Les autres statuts (indépendant, retraité, sans activité) ont des profils de cotisations et d’impôts différents et relèvent d’évolutions futures (Epic 3 / version 1). Les postes non renseignés pour le socle — taxe foncière, amendes, impôts sur le capital — sont affichés à 0 € avec un régime explicite, jamais imputés arbitrairement ; l’utilisateur pourra les renseigner lui-même ultérieurement (principe « demander ce qui est connu, estimer seulement l’inconnu »).
Alternative défendable : imputer une valeur moyenne pour ces postes — masquerait l’incertitude. Implication : un 0 € ici signifie « non renseigné pour ce socle », pas « nul dans la réalité ».
8. Traçabilité, caractère provisoire et corrections
Tous les artefacts portent le même identifiant de version de jeu de données et l’année budgétaire de référence. Tant que les publications définitives de l’INSEE ne sont pas parues, les chiffres sont marqués provisoires. Une erreur factuelle ou méthodologique confirmée est corrigée en production et publiée sur la page errata sous 48 heures après confirmation. Tout signalement passe par la page contact.
Implication : chaque chiffre est réconciliable a posteriori à sa version ; une mise à jour de source INSEE ou une correction relance la chaîne de données et un redéploiement, sans rupture de traçabilité.
Budget de référence 2024 · jeu v2026-10-05-sha46573e61 (provisoire)
Sources officielles
INSEE — Comptes de la Nation 2024 (Base 2020), Table 3.301 « Dépenses des administrations publiques (S13) ventilées par fonction »
Répartition fonctionnelle (COFOG niveaux 1 et 2) de la dépense publique française (S13) et dépense totale
Année de référence 2024 · donnée provisoire · source
INSEE — Insee Première n° 2079, « Les salaires dans le secteur privé en 2024 », figure 3 « Distribution par sexe des salaires mensuels nets en équivalent temps plein (EQTP) en 2024 », colonne « Ensemble »
Distribution des salaires mensuels nets en équivalent temps plein (secteur privé), convertie en brut annuel au précalcul
Année de référence 2024 · fiabilité non précisée · source
INSEE — Enquête Budget de Famille
Structure de consommation des ménages, pour l’estimation de la TVA et de la TICPE
Année de référence 2024 · donnée provisoire · source
Eurostat — gov_10a_exp (dépense par fonction COFOG, secteurs S1311, S1313, S1314, non consolidée) et gov_10a_main (D211REC, recettes de TVA par sous-secteur), France 2024 ; Cour des comptes, NEB 2024 « Recettes fiscales » ; OFGL, Rapport 2025, annexe 8 ; Jaune PLF 2026 « Utilisation par l'AFIT France et les collectivités territoriales du produit des amendes » ; affectations légales (CGI, CSS) et OpenFisca-France 176.0.9 pour la composition des cotisations patronales
Circuit de financement : part de chaque prélèvement perçue par l'État (et ODAC), les collectivités et la Sécurité sociale, puis ventilation COFOG-1 de la dépense de chacun
Année de référence 2024 · donnée provisoire · source